in

changements cérébraux beaucoup plus importants que prévu

La classe ULIS du collège Jean-Monnet de Lyon accueillera dix jeunes enfants autistes en juin 2020.

Cet article peut être écouté dans l’application “Le matin du monde”.

C’est une nouvelle vision des différences moléculaires impliquées dans l’autisme qui nous expose une étude, publiée le 2 novembre dans la revue La nature. L’analyse du cerveau des personnes autistes, après leur mort, montre que l’activité de certains gènes a changé dans presque toutes les régions du cortex. En d’autres termes, ces déficiences ne se limitent pas aux régions du cerveau appelées “associations supérieures” – qui contrôlent le raisonnement, l’utilisation du langage, le comportement social et la capacité à s’adapter à de nouvelles situations. Les régions sensorielles primaires – impliquées dans la vision, le toucher, la douleur – sont également affectées par ces changements.

Les auteurs, de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), ont analysé 725 échantillons de tissus cérébraux prélevés après la mort de 112 personnes des deux sexes, âgées de 2 à 68 ans. Parmi ces personnes, 49 avaient un diagnostic d’autisme et 54 personnes étaient exemptes de ces troubles (neurotypiques). Ils ont ensuite quantifié l’activité des gènes dans onze régions du cortex. Pour ce faire, ils ont séquencé les molécules d’ARN produites dans les cellules de ces différentes régions. Ils ont ensuite comparé les deux groupes (autistes et neurotypiques), appariés pour l’âge et le sexe.

Jusqu’à présent, deux types de changements dans l’activité des gènes dans le cerveau des autistes sont connus. D’une part, une augmentation de l’activité de certains gènes impliqués dans des cellules non neuronales (cellules non excitables électriquement qui forment la glie) et dans des cellules mobilisées dans la réponse immunitaire. D’autre part, une diminution de l’activité des gènes impliqués dans la modulation du signal nerveux – au niveau des synapses, ces zones par lesquelles les neurones communiquent entre eux.

Comprendre la base moléculaire des troubles

Ce nouveau travail confirme ces découvertes, mais révèle également que ces modifications affectent l’ensemble du cortex. De plus, les diminutions les plus notables de l’activité des gènes sont observées dans le cortex visuel et dans le cortex pariétal, qui traite des informations telles que le toucher, la douleur ou la température. Cette déficience expliquerait les troubles sensoriels, fréquents chez les personnes autistes : hypersensibilité, ou parfois hyposensibilité. Tous les sens peuvent être sollicités : la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, mais aussi les sens proprioceptifs et vestibulaires (impliqués dans la perception des mouvements et de la position de notre corps dans l’espace).

Il vous reste encore 34,93% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

5 signes avant-coureurs dont il faut s’inquiéter

Les pharmaciens peuvent désormais injecter tous les vaccins obligatoires