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comme on attrape pas les mouches avec du vinaigre, c’est dur d’attirer un PDG avec 450 000 euros

Ce qui crée une belle polémique entre le gouvernement et ses opposants. Pour trouver un nouveau PDG à EDF, l’exécutif court le risque, comme le montrent Les Echos, de relever le plafond de la rémunération liée au poste, désormais fixé à 450 000 euros, un montant qui était fixé à 450 000 euros en 2012. décret adopté par François, devrait être abrogé. Les Pays-Bas pour tous les patrons d’entreprises publiques (RATP, SNCF, ADP…). Dans une France où le salaire moyen est de 2 340 euros nets par mois et à l’heure où l’inflation galopante érode le pouvoir d’achat des Français, force est de constater que l’opinion publique aura à juste titre du mal à comprendre une telle augmentation pour récompenser le patron d’une SARL qui multiplie les pénibilités industrielles et financières. Encore moins l’argument selon lequel ces 450 000 euros sont insuffisants pour attirer un grand patron. C’est pourtant une réalité au regard des honoraires en vigueur dans les grandes entreprises du CAC 40. Sans aucune fonction exécutive, les présidents des conseils d’administration de certaines entreprises plus petites qu’EDF gagnent déjà autant que le PDG d’EDF. Quant à ceux qui occupent à la fois les postes de président et de directeur général, leur niveau de rémunération est beaucoup plus élevé. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a gagné près de 6 millions d’euros l’an dernier.

Une feuille de route extrêmement complexe

Alors comment convaincre un industriel de reprendre les rênes d’EDF alors qu’il gagne aujourd’hui 10 fois plus voire plus grâce à son activité ? Et ce, alors qu’il devra diriger l’une des entreprises les plus stratégiques du pays avec une feuille de route extrêmement complexe à exécuter, le tout avec l’État comme actionnaire unique en permanence à l’arrière.

En effet, le futur patron d’EDF aura pour mission de reprendre à court terme la production d’électricité et de réussir à plus long terme la relance de l’atome tricolore, en construisant 6 nouveaux EPR d’ici 20 ans. En d’autres termes, mener le plus grand programme nucléaire civil jamais vu dans le monde occidental depuis 40 ans. Certes, œuvrer à l’indépendance énergétique de la France est certes un défi passionnant à relever, mais je ne suis pas sûr que le sens de l’État soit un argument suffisant pour convaincre les plus indécis. « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre », confie un expert en la matière.

L’exemple de Ben Smith chez Air France-KLM

Tout le monde n’est pas Jean-Bernard Lévy, l’actuel patron d’EDF, qui, lors de sa nomination en 2014, a accepté de diviser par deux la rémunération qu’il percevait chez Thales. Cette question de la rémunération est cruciale pour l’avenir des entreprises publiques. Même si Air France-KLM est un groupe fermé, l’exemple de la rémunération de l’actuel PDG, Ben Smith, en témoigne. En 2018, lorsque l’État, alors actionnaire à 14,6 %, a cherché un successeur à Jean-Marc Janaillac, il a dû accepter que le groupe quadruple la rémunération du nouveau dirigeant canadien, à 4 millions d’euros. Et encore une fois, pour ce prix, Air France-KLM ne pouvait décrocher que le n°2 d’Air Canada, une compagnie plus petite que celle de KLM. Le numéro 1 des entreprises comparables, comme Lufthansa ou IAG, était beaucoup plus payé.