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Covid-19 : Doit-on Vraiment Paniquer Sur La Montée De La Variante Kraken ?

Son nom, qu’il a donné de manière informelle a écrit Ryan Gregory, biologiste dans une université canadienne, sur les réseaux sociaux, c’est aussi celui deun monstre dévastateur de la mythologie nordique. La sous-variante d’Omicron, également connue sous le nom de “Kraken” (officiellement dénommée XBB.1.5), circulait selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS)dans trente-huit pays d’ici mi-janvier 2023, notamment Etats Unisoù elle était majoritaire et représentait plus de 80 % des séquences réalisées.

Cette variante, qui serait apparue fin octobre 2022, a déjà débarqué en Europe et s’y développe même assez rapidement : elle représente 8,1 % des séquences au Royaume-Uni et 2,2 % au Danemark. En France, et selon données de Santé publique Francecircule tranquillement depuis plusieurs semaines et ne représente qu’environ 2% des infections, alors que le pic de la neuvième vague épidémique avait été atteint et qu’une forte baisse s’était largement amorcée.

Un Kraken, dans la mythologie, ressemble à ceci. Mais la variante dont nous parlons est en fait beaucoup moins effrayante. | Domaine public via Wikimedia Commons

Faut-il s’inquiéter de l’arrivée de Kraken aujourd’hui ? Oui, mais sans aucune raison de le craindre plus que nécessaire. L’apparition d’une nouvelle vague épidémique n’est jamais une bonne nouvelle. On sait aujourd’hui qu’elle sera associée à un triste cortège de nouveaux cas et longs covidsmais aussi nouveau Admission à l’hôpital et de nouveaux décès de personnes vulnérables. Pas de panique donc, mais pas de fatalisme complaisant non plus. On nous a demandé de “vivre avec”, nous allons vous proposer “mieux vivre avec” – c’est-à-dire plutôt “sans”, d’ailleurs, vous nous connaissez désormais.

X.BB.1.5, qui es-tu ?

Puisqu’on s’est un peu familiarisé avec la grande famille Omicron, on va se permettre de s’adresser tout de suite au plus jeune de la fratrie – vous nous pardonnerez, c’est qu’on a l’impression que la progéniture va déjà bien savoir. Que savons-nous de Kraken (XBB.1.5) aujourd’hui ?

Disons d’abord qu’il s’agit d’un sous-variant d’Omicron et, pour être plus précis, d’un descendant du sous-variant XBB recombinant d’Omicron. En effet, dans la convention de dénomination des variants et sous-variants du SARS-CoV-2, le préfixe “X” désigne un arbre généalogique issu d’une recombinaison génétique de deux variantes. Ainsi, la lignée XBB est très probablement née de la co-infection naturelle d’un hôte humain avec deux sous-variantes d’Omicron, à savoir BA.2.10.1 et BA.2.75. Il a été identifié pour la première fois par les autorités de santé publique indiennes à l’été 2022. Et XBB.1.5 est le “cinquième petit-fils” de la sous-variante mère XBB.

En fait, XBB.1.5 fait partie de la soupe de plus de 650 sous-variantes d’Omicron répertoriées dans le monde à ce jour. Beaucoup des chercheurs considérez-le comme la variante génétiquement la plus mutée et la plus transmissible à ce jour. Ces mêmes scientifiques accusent le Comité international de taxonomie des virus de l’OMS a cessé de nommer les nouvelles variantes de la lettre grecque Omicron pendant un an et a habillé ses sous-variantes d’une séquence de lettres et de chiffres incompréhensibles pour le grand public. Ils ont donc décidé, en inadaptés et plutôt officieusement, de leur donner des surnoms.

Pas de panique : plus transmissible ne veut pas dire plus virulent

Tous ces surnoms devraient être plus faciles à retenir, c’est donc avec de bonnes intentions. Cependant, le choix de ces surnoms a toujours du sens. Ryan Gregory n’a offert aucun nom de fleurs ou des peintres, mais des monstres destinés à provoquer la crainte. Pourtant, si certains veulent se faire peur et redouter les conséquences d’une variante insensée et proposent des scénarios de films catastrophes, il faut bien avoir raison.

Rappelez-vous qu’en effet virus à ARN connu pour muter fréquemment, et le coronavirus, dont la circulation est planétaire et massive, nous a habitués à voir émerger de nombreuses sous-variantes sur trois ans. On s’attend à ce que les variantes qui surgissent et s’imposent, qui remplacent leurs prédécesseurs, remportent ces tournois précisément parce qu’elles sont plus transférables.

Nous vivons, certes accélérés, car au rythme planétaire, les processus classiques d’évolution dans le monde biologique. Ainsi, tant que le SRAS-CoV-2 n’aura pas été éradiqué ni même maîtrisé, la transmissibilité accrue d’une variante prenant le pas sur d’autres, qui elles-mêmes circulent fortement, ne devrait pas surprendre.

On peut presque dire que toute nouvelle variante qui devient dominante dans le contexte actuel sera plus transférable et échappera forcément plus immunité hybride, al très répandue dans la population. Il n’y a donc aujourd’hui aucune raison de penser que la succession de vagues épidémiques à laquelle nous sommes confrontés depuis maintenant trois ans, et qui s’est même accélérée en 2022, prendra bientôt fin spontanément.

Une portabilité accrue signifie un taux de reproduction supérieur, ce dernier étant le nombre de cas secondaires par personne infectée. Mais le degré de transmissibilité d’une souche ne dit rien sur sa virulence. Or, un scénario catastrophe, comme nous l’évoquions plus haut, consisterait en l’émergence d’un nouveau variant à la fois plus transmissible et plus virulent.

De toute évidence, la virulence accrue d’une nouvelle variante nous préoccupe. Mais rien n’indique aujourd’hui que XBB.1.5 entraîne plus de complications et de formes sévères que ses prédécesseurs. En effet, lors de la visualisation du courbe d’hospitalisation pour le Covid à New York, où il est majoritaire, on constate clairement une augmentation des admissions entre fin novembre 2022 et début janvier 2023 (avec une courbe des décès à la suite). Mais ces niveaux restent heureusement très bas par rapport à ceux rapportés lors des vagues de janvier 2021 et même janvier 2022 (du fait de la première variante BA.1 d’Omicron).

Les hospitalisations augmentent, mais sont encore loin des niveaux des hivers 2022 et 2021. | Capture d’écran État de New Yorkau 23 janvier 2023.

Ces hospitalisations, véritable reflet des formes graves du Covid-19, sont, on le sait désormais, les personnes âgées s’ils ne sont pas très âgés et donc particulièrement vulnérables aux infections en raison de leur âge et immunosénescence ce qui suit. Pourtant, le pic de la vague new-yorkaise liée au Kraken semble avoir été atteint ces derniers jours : la courbe des hospitalisations est en baisse. Autrement dit, arrêtons de prédire une “vague dévastatrice”. New York n’a pas connu, l’Europe occidentale n’a aucune raison de s’en apercevoir.

Et si on s’inspirait des riches ?

Il est difficile de faire la distinction entre l’augmentation intrinsèque de la transmissibilité et celle liée à l’échappement immunitaire dû aux mutations de la souche. Nous reconnaissons qu’il y a encore des questions aujourd’hui sur la capacité de XBB.1.5 à échapper aux vaccins et contre les anticorps monoclonaux. L’expérience de New York nous sert bien ici aussi, car nous n’avons pas encore vu de jeunes correctement vaccinés affluer vers les hôpitaux.

Les vaccins continuent de fournir une forte protection contre les formes graves de Covid-19. Malheureusement, les anticorps monoclonaux, les uns après les autres, ont perdu leur efficacité face à ces nouveaux variants et sont devenus inutiles. De bonnes nouvelles du côté des antiviraux, notamment le Paxlovide est le leader : il n’y a aucune raison pharmacologique pour que leur activité soit altérée par les mutations observées sur les sous-variants d’Omicron. Donc, à ce jour, il n’est pas légitime d’agiter plus de drapeaux rouges.

Au lieu de jouer à nous faire peur, dépensons plutôt notre énergie
et nos ressources pour essayer de faire mieux en matière de prévention
et la réduction des risques.

Mais ne vous y trompez pas, l’idée n’est en aucun cas de dire que nous devrions rester les bras croisés. Vous nous connaissez assez bien pour ne même pas soupçonner que nous l’insinuerions. Nous pensons que ceux qui hurlent constamment au loup risquent d’être contre-productifs. La poursuite de la dramatisation pourrait même nous conduire à Mithridize et produire une sorte de fatalisme qui nous priverait collectivement et individuellement de notre capacité d’agir. Le temps n’est peut-être pas de rester à l’intérieur cette forme de détresse permanente nous l’avons connu, mais de nous orienter désormais vers ce que nous savons moins bien utiliser, à savoir la prévention et l’anticipation.

Que XBB.1.5 menace et profite du silence en France pour débouler bruyamment, dans quelques semaines ou quelques mois, ou qu’il soit l’oeuvre d’une autre variante plus compétitive, qui est le fruit de la soupe des 650 candidats en la course, nous savons que nous ne serons pas impuissants à réagir proportionnellement le moment venu. Le risque est toujours présent et comme nous l’avons dit le 16 janvierla pandémie n’est pas encore terminée.

Au lieu de jouer un jeu de retardement consistant à effrayer l’arrivée de ces nouvelles variantes, dépensons plutôt notre énergie et nos ressources à essayer de faire mieux sur la prévention et la réduction des risques. Aucune pollution n’est anodine, ceux qui ont longtemps souffert du Covid, ou qui sont hospitalisés en raison de complications graves, sachez-le. Il est dans notre intérêt à tous de prévenir autant que possible la réinfection.

Les efforts à faire aujourd’hui visent à réduire les risques contamination dans des lieux fermés. Regardez ce que font les riches, ceux qui pensent que leur importance les empêche de tomber malades. Abeille Forum économique mondial de Davosqui a eu lieu du 16 au 20 janvier 2023, tous les participants portaient des masques et ont été testés, et ceux qui ont été testés positifs ont vu leur badge immédiatement désactivé et n’ont plus pu accéder aux activités du Forum. Les réunions se sont déroulées dans des salles de réunion équipées de purificateurs d’air et de nombreux espaces intérieurs en ont été équipés Lampes UV-Cavec une activité virucide prouvée.

Oui, c’est ainsi que vous devez vous comporter dans les endroits fermés et bondés où vous passez du temps. En raison du froid, les organisateurs n’ont pas pu ventiler efficacement toutes les zones, ils ont donc eu recours à des méthodes d’atténuation des risques. Peut-être aurons-nous bientôt les résultats épidémiologiques de la PCR réalisée à Davos et nous pourrons évaluer ces différents moyens de protection.

Répétons-le : la qualité de l’air est importante

Ce que les dirigeants de ce monde exigent est exactement ce dont chacun de nous a besoin aujourd’hui écoleshôpitaux, prisons, bars, restaurants, clubs, transport public et salles de réunion. Où que nous soyons dans des espaces clos, nous voulons pouvoir bénéficier d’un air de qualité microbiologique acceptable, c’est-à-dire réduire significativement le risque de contracter le Covid, grippele virus respiratoire syncytial (VRS) ou la tuberculose.

Lorsque le virus circulera fortement dans la communauté, nous rappellerons également l’importance du port du masque dans les lieux publics fermés, y compris les transports en commun. Nous réitérerons à quel point il est important de suivre vos rappels de vaccination et combien il est nécessaire que des traitements antiviraux puissent être prescrits aux personnes les plus vulnérables dès que possible après leur infection. Pour cela, nous devons continuer à les tester au moindre symptôme. Enfin, nous insisterons sur la nécessité d’une veille sanitaire de qualité dans chaque pays afin que les autorités puissent mieux anticiper l’évolution de cette pandémie.

Qu’il s’agisse de XBB.1.5 provoquant une dixième vague épidémique ou d’une autre variante, qu’ils s’appellent Kraken ou Daisy, la question qu’il faut plutôt se poser est de savoir si nous faisons tout notre possible pour dire sans vantardise ni complaisance : « Moi, même pas peur !

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