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En attendant l’arrêt des approvisionnements russes, la France se précipite pour reconstituer ses réserves de gaz

Un méthanier quitte le terminal de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 12 avril 2022.

A l’orée d’une forêt, perdue au milieu de champs assoiffés, quelques sources jaillissent du sol. Discrètement, ces tuyaux en forme de col de cygne laissent à peine entrevoir la taille de la « bulle », le réservoir de gaz, qui s’étend sous nos pieds. « Ici, le gaz est stocké dans de la roche poreuse, à plusieurs centaines de mètres sous terre. Moins réactif que les cavernes de sel, une autre technologie, ce type de stockage a l’avantage de pouvoir stocker et restituer de grandes quantités d’énergie en hiver, alors que nous consommons cinq fois plus de gaz qu’en été. »explique Pierre Chambon, Directeur Général de Storengy France, filiale du groupe Engie, premier opérateur de stockage de gaz en France.

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Situé à Saint-Illiers-la-Ville, près de Mantes-la-Jolie (Yvelines), ce site stratégique, comme les quinze autres en France, a commencé comme chaque année avant la saison froide – d’avril à novembre – par le remplissage de la cave avec gaz. Avec une différence notable cette fois : le faire le plus rapidement possible.

“A priori on a bien commencé”insiste Mr Chambon, qui vérifie “injections” comme du lait en feu. “Généralement, nos clients, expéditeurs et fournisseurs d’énergie, qui réservent ces capacités comme entrepôts, ont joué le jeu. Au 26 juillet, plus de 77% d’entre eux étaient déjà remplis”explique-t-il en indiquant que l’objectif minimum du gouvernement (85% sur 1euh novembre) arrive.

En outre, en cas de difficultés, comme prévu à l’article 10 du compte de pouvoir d’achatil reviendrait à Storengy et Teréga, deuxième opérateur à l’exploiter
deux des seize sites, dans le sud-ouest de la France, “jouer le bras armé de l’Etat” et réapprovisionner le stock si nécessaire. « Celles-ci sont particulièrement stratégiques en plein hiver. Certains jours, en période de pointe, ils peuvent représenter jusqu’à 60 % de la consommation », souligne Gilles Doyhamboure, directeur du commerce et de la réglementation chez Teréga. ces réservoirs “compléter le gaz entrant par canalisations ou arrivant par bateau sous forme de gaz naturel liquéfié” [GNL] », il ajoute. Les gaz fossiles qui se mélangent aussi dans les sous-sols s’adapteront un jour pour recevoir du biométhane, du gaz de synthèse ou de l’hydrogène.

“La concurrence est probablement de plus en plus serrée”

Pour pouvoir remplacer le gaz russe, qui représentait 17 % de l’approvisionnement national en 2021, la France demande plus à ses autres partenaires : la Norvège en tête, mais aussi l’Algérie, les Pays-Bas, le Nigeria et le Qatar. Il est à noter que c’est le pays européen qui a le plus augmenté ses importations de GNL au premier semestre. Plus encore que l’Espagne et le Royaume-Uni. Souvent issu du gaz de schiste, ce gaz est liquéfié pour être moins volumineux, puis transporté sur des méthaniers avant d’être remis à l’état gazeux une fois arrivé à destination.

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