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Kevin Mayer “veut prolonger le plaisir” au Championnat d’Europe à Munich

Après avoir posté dimanche sur ses réseaux sociaux un message annonçant sa participation aux Championnats d’Europe à Munich (15-21 août), Kevin Mayer, nouveau champion du monde de décathlon à Eugene (Etats-Unis), a expliqué lundi son choix par visioconférence.

« Kevin, pourquoi as-tu décidé de faire la queue pour le Championnat d’Europe ?
Le décathlon est un sport assez difficile qui demande beaucoup de récupération. Avant et pendant la Coupe du monde, je ne me voyais pas du tout suivre le Championnat d’Europe. Mais il s’avère que mes jambes se sont plutôt bien comportées dès le deuxième jour de récupération, même si je suis encore fatigué du décathlon. J’ai rarement été aussi bien physiquement, sans aucune tension.

Outre la fatigue, je me suis dit qu’il n’y aura pas beaucoup de championnats d’Europe dans les années à venir et que je n’ai jamais été champion d’Europe (2e en 2014). J’ai 30 ans, je veux m’amuser, c’est une belle opportunité. Je connais la hauteur du défi car il est rare d’enchaîner deux décathlons en trois semaines dans les grands championnats. Et faire le double serait incroyable. Mais je veux prolonger le plaisir de la Coupe du monde.

La dernière fois que vous avez enchaîné deux décathlons en une saison, c’était en 2016 (Götzis puis les JO de Rio), mais il y avait 79 jours d’écart entre les deux. Là on parle de 21 journées pleines de reprise entre la fin de la Coupe du monde et le décathlon d’Europe débutant le 15 août…
J’ai jamais fait. En général, il est difficile de réussir. Vu le niveau en Europe en ce moment, on va dire que ça me permet quelques contre-performances sans dire que bien sûr j’ai de la marge, car le niveau avec les Allemands et les Estoniens est très élevé. J’ai ma chance de devenir champion d’Europe, alors je la saisis.

Je suis très détendu, je suis champion du monde, je ne m’imagine pas faire un deuxième décathlon, mais c’est ça le fun. Il n’y a pas toute cette pression que je joue normalement dans un championnat toute mon année. Il y a surtout le plaisir de pouvoir retrouver la piste avec le maillot de l’équipe de France. Je ne veux pas enlever cette opportunité de m’amuser à Munich.

“Si j’ai mal, je ne me dis plus que je fais tout pour le titre européen”

Tu as beaucoup souffert ces derniers temps. Vous ne prenez pas de risque ?
La blessure, on la craint tout le temps dès qu’on fait un décathlon. J’ai pu sortir d’un décathlon sans blessure et ça me donne une vraie confiance pour Munich. Après, d’un point de vue nerveux, d’un point de vue physique, ce n’est peut-être pas le jus que j’ai habituellement en championnat. Mais je suis bien mieux préparé techniquement et physiquement que pour la Coupe du monde où je n’avais pas couru. J’ai beaucoup plus de repères, donc j’aborde ça avec sérénité.

Après je m’aventure certainement dans l’inconnu, je ne sais pas comment mon corps va réagir. Mais je ne vais pas prendre de risques à deux ans de Paris 2024. Quand j’ai mal, je n’arrête pas de me dire que je fais tout pour le titre européen. Mais si j’ai commencé cette histoire, c’est parce que j’ai une certaine confiance en mon corps. Je sais ce que je peux ou ne peux pas faire. Il va falloir passer ce décathlon, pas tout donner tout le temps pour aller au bout. C’est agréable d’entrer dans cet état d’esprit de deux décathlons en trois semaines avec peut-être deux médailles d’or à la fin. C’est quelque chose qui m’excite vraiment.

Quel a été votre programme depuis votre retour des Etats-Unis et comment se dérouleront les prochains jours jusqu’à votre départ pour l’Allemagne ?
je suis revenu mardi (26 juillet) soirée chez moi. J’ai coupé au vendredi où j’ai fait une grosse séance d’aérobic pour oxygéner les jambes. C’était un peu tôt, j’étais fatigué tout le week-end. Et là (Lundi), j’ai pris les points avec des petits sprints. Les sensations étaient bonnes. En matière d’entraînement, ce ne sera pratiquement rien jusqu’à Munich. Comme d’habitude je ne fais pas grand chose pour les championnats, ce sera encore moins là-bas. Il faut juste se reposer car le décathlon que je viens de faire m’a donné la meilleure configuration pour en faire une seconde. »

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