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La mort du chef d’Al-Qaïda illustre la nouvelle guerre des États-Unis en Afghanistan

Image tirée d'une vidéo partagée par le département américain de la Défense montrant un incendie déclenché après une frappe de drone à Kaboul, le 29 août 2021.

La frappe de drones américains qui a coûté la vie au petit matin, le 31 juillet, sur le balcon de sa confortable villa de Kaboul, Ayman Al-ZawahiriLe successeur d’Oussama ben Laden à la tête d’Al-Qaïda après sa mort en 2011, n’est pas seulement la fin d’une revanche entamée après les attentats du 11 septembre 2001. C’est l’une des premières manifestations publiques d’une guerre secrète menée par les États-Unis en Afghanistan depuis leur retrait chaotique à l’été 2021. On pourrait donc croire que la fin de toute présence américaine sur le sol afghan signifiait que Washington avait renoncé à toute volonté d’influencer l’avenir de ce pays. Ce n’est pas.

Près d’un an après leur retour au pouvoir, les talibans restent méfiants. La peur des espions reste une constante dans ce régime paranoïaque. Mais, face au défi de gouverner un pays complexe interdit par les nations, les dirigeants islamiques ont fini par sortir et ont baissé leur vigilance. De source diplomatique française, le chef d’Al-Qaida serait venu en Afghanistan avec sa famille en mai, protégé par le réseau Haqqani, dont la principale figure, Sirajuddin Haqqani, est le très influent ministre de l’intérieur. Fondé de part et d’autre de la frontière afghano-pakistanaise, ce mouvement est proche des services de renseignement d’Islamabad et des groupes jihadistes des zones tribales pakistanaises et est omniprésent dans la région de Kaboul et dans l’est de l’Afghanistan.

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La façon dont l’arrivée d’Ayman Al-Zawahiri est parvenue aux oreilles de l’espionnage américain est encore une question d’hypothèse, mais les premiers secours d’un service secret de la région qui a connaissance de son installation semblent avoir la faveur des services de renseignement français.

Selon une source diplomatique américaine, une équipe de surveillance au sol composée d’éléments non américains aurait alors effectué les reconnaissances en préparation de cette opération qui nécessite une présence physique au sol pour déclencher l’attaque.

Chasse aux indicateurs d’espionnage

Dès que la nouvelle de l’assassinat du chef d’Al-Qaïda a éclaté, les principaux chefs du clan Haqqani – Sirajuddin, son oncle Khalil, ministre des Réfugiés, et l’un de ses frères, Anas, et d’autres membres du clan, aussi au gouvernement, aurait quitté la capitale. Selon une source des Nations Unies (ONU) basée sur place, les convois ont traversé la ville à grande vitesse et les rendez-vous ont été annulés à la dernière minute.

En effet, cette élimination montre que les États-Unis peuvent frapper quand et où ils veulent, même s’ils manquent de troupes sur le terrain. Cependant, Sirajuddin Haqqani est toujours la cible d’un mandat de perquisition américain.

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