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La voiture ne connaît pas la crise

Pour le premier semestre 2022, les constructeurs automobiles annonceront des résultats financiers records. Alors que les ventes de véhicules neufs en Europe sont en baisse de 14% (-12% au niveau mondial), les marques automobiles sourient. Et pour une bonne raison! Tous les voyants sont au vert.

Chez Stellantis pour le premier semestre, le chiffre d’affaires (88 milliards d’euros) a augmenté de 17% par rapport à la même période un an plus tôt. Le résultat opérationnel courant est en hausse de 44 % avec des marges à deux chiffres sur la quasi-totalité des marchés mondiaux.

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Du côté du groupe Renault, est également en ordre. Le chiffre d’affaires est resté stable à environ 21,1 milliards d’euros (+0,3%), malgré une baisse de 16% du chiffre d’affaires. La marge opérationnelle progresse de 2,6 points sur un an. Le constructeur affiche une marge opérationnelle de 4,7% hors Russie, avec un résultat net des activités poursuivies de 657 millions d’euros sur le semestre. Cela est dû à la vente de véhicules plus chers et mieux équipés, avec moins de remises. Notamment sur le segment rentable C (Arkana, Austral, Mégane). ” Sur le plan opérationnel (hormis l’arrêt des activités en Russie qui pèsent sur les comptes du groupe) ce sont les meilleurs résultats des dix dernières années, et cela marque un tournant dans l’histoire récente de Renault. nous explique-t-on du côté de Boulogne Billancourt.

Les fabricants français ne sont pas seuls. Volkswagen a augmenté son bénéfice de 5,7 % au premier semestre. Même euphorie aux États-Unis. Ford annonce une augmentation de ses ventes de 19 %.

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Fin de la crise des semi-conducteurs

La pénurie de semi-conducteurs appartiendra-t-elle bientôt au passé ? La situation s’améliore. De nombreux constructeurs annoncent un retour à la normale d’ici fin 2023. Thomas Schäfer, président de la marque Volkswagen, se veut plus optimiste et annonce « pour le second semestre (…) l’amélioration de la situation d’approvisionnement. »

Dans le but d’améliorer les délais de production et de livraison. Car si Renault revendique aujourd’hui pouvoir livrer une Arkana en trente jours, le temps d’attente moyen toutes séries confondues est de plus de quatre mois.

La crise des semi-conducteurs a limité la production de véhicules, estimée à 300 000 unités chez Renault et à plus de 100 000 unités chez Ford. En tout cas, tout le monde est sur les starting-blocks. L’équipementier automobile Forvia, né du rapprochement entre Faurecia et l’allemand Hella, a publié lundi un résultat d’exploitation supérieur aux attentes pour le premier semestre. Et les commandes sont passées. Preuve de l’optimisme des constructeurs automobiles quant à la hausse des ventes.

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Carnets de commandes pleins

En raison de la pénurie de semi-conducteurs et de l’arrêt partiel des unités de production, les fabricants ne parviennent pas à répondre à la demande. Chez VW, le carnet de commandes, toutes motorisations confondues, est de 728 000 véhicules pour la seule Europe, dont environ 139 000 ID. sont 100 % électriques. Pourtant, au premier semestre 2022, la marque allemande n’a pu livrer que 488 468 véhicules. Le groupe s’efforce de réduire encore les délais de livraison pour les clients et de traiter le plus rapidement possible une plus grande partie du gros carnet de commandes. Idem pour Renault ou Stellantis où les commandes vont bon train. L’augmentation des taux ne se fera que progressivement. Mais actuellement impossible de livrer plus vite.

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Surcoût des matières premières

Si la poussée forcée vers l’électrique et la crise des semi-conducteurs semblent en passe d’être résolues, la hausse du coût des matières premières restera la principale préoccupation des constructeurs automobiles.

En un an (janvier 2021-2022), le prix du lithium a augmenté de 13 % depuis début 2022. Le prix du nickel a augmenté de près de 60 % depuis 2020. Dans la même période, le prix du cuivre a augmenté de 27 %. %, celle du palladium de 30 %. Quant au caoutchouc, l’augmentation par rapport à l’année écoulée a atteint 16 %. Sans parler de la hausse des prix de l’énergie. Résultat : les coûts de production d’un véhicule électrique ont augmenté de 4 500 € par rapport à 2020. Cela pèse principalement sur les équipementiers, mais aussi sur les constructeurs. Chez Renault, par exemple, l’impact est estimé à 797 millions d’euros. Après avoir augmenté les prix de vente de leurs voitures pour améliorer leurs marges, les constructeurs ne peuvent pas répercuter intégralement cette inflation. Au cours des trois dernières années, le prix des véhicules neufs a augmenté de 20 %. Et il semble très difficile d’amener le client à supporter la totalité des augmentations actuelles et futures. Car si les volumes de production se redressent, les prix des matières premières continueront d’augmenter. En conséquence, certaines marques jouent la sécurité pour l’avenir.

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Optimisme raisonné

La présidente de GM, Mary Marra, ne cache pas ses craintes au regard des conditions économiques “sur le point” car ils ont également modélisé de nombreux scénarios de retard. “Même son de cloche chez Volkswagen. ” Nous prévoyons que l’impact des prix des matières premières et de l’énergie sera nettement plus élevé au second semestre 2022 qu’au premier semestre déclare Alexander Seitz, directeur financier de Volkswagen.

Malgré la hausse des prix des matières premières et de l’énergie, les constructeurs revoient leurs perspectives à la hausse. ” Nous sommes convaincus que nous serons en mesure de plus que compenser ces augmentations de prix et de poursuivre notre tendance positive. Nous relevons donc nos perspectives, à condition que la situation de l’offre évolue conformément aux attentes. Pour l’ensemble de l’année 2022, nous visons désormais un retour opérationnel sur ventes avant articles de spécialité de 4 à 5 % ‘, assure le directeur financier de VW. Renault revoit également à la hausse ses perspectives financières pour 2022. Comme presque tous les fabricants. On parle d’une crise automobile ! Quelle crise ?

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