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L’Europe trois voire quatre fois plus touchée que les autres régions aux mêmes latitudes

Les scientifiques ont beaucoup compris sur le changement climatique. Mais curieusement, ces températures extrêmes se sont encore partiellement échappées pendant plusieurs jours d’affilée. L’élément nouveau concerne la circulation atmosphérique, la circulation de l’air. Une étude d’une équipe de chercheurs allemands, américains et néerlandais, publiée dans Nature, propose le phénomène de “double jet stream” plus souvent en été.

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L’Europe a toujours été prise dans un mouvement de tenaille entre l’air chaud de la montée du Sahara et le froid arctique de la chute arctique. Tant que le froid était froid, tout allait bien. A environ 10 km au-dessus de nos têtes, le courant-jet de l’océan Atlantique (d’ouest en est) est venu balayer doucement l’air extrêmement chaud. Le problème : C’est que le froid du grand nord n’est plus aussi froid ! Aujourd’hui, la région qui se réchauffe le plus est le Groenland, qui fond à une vitesse vertigineuse. La différence de température entre le flux chaud qui monte et le flux froid qui descend n’est plus suffisante. Résultat : le jet stream ralentit, s’adoucit et la chaleur du Sahara n’est plus suffisamment repoussée, elle stagne au-dessus de nos têtes. C’est ça “double jet stream” qui cause ces températures extrêmes. François Gemenne, l’un des auteurs de Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC), résume la situation comme suit : nous sommes en fait avec un double effet du réchauffement climatique. Les températures augmentent, c’est le réchauffement climatique. Mais en plus, l’air atmosphérique se refroidit moins, ce qui le fait remonter.

Les autres continents, bien sûr, n’ont pas de zone comparable au sud de leur lieu de résidence. Les Etats-Unis et le Canada n’ont pas l’air du Sahara qui va les réchauffer comme ça, pareil pour la Russie de l’autre côté. En conséquence, selon les chercheurs de cette étude, le nombre de jours cumulés de vagues de chaleur en Europe augmente de 0,6 jour par décennie, alors qu’il est de +0,2 pour le reste des latitudes moyennes. Il est clair que les vagues de chaleur en Europe progressent trois fois plus vite. Et si on ne regarde pas la quantité mais l’intensité, là c’est quatre fois plus rapide.

De ce fait, tous ces records nationaux ont été battus cet été 19 juillet : 40,3°C mesurés à Connigsby en Angleterre, 40,2°C à l’aéroport de Londres Heathrow. Le lendemain : 35,1°C dans le sud de l’Ecosse (c’était 32,8°C le dernier record national), contre Malilla en Suède : 37,2°C. Mais aussi six records battus en Allemagne, où la barre des 40°C a été dépassée pour la première fois en de nombreux endroits. Et côté portugais, 45°C au centre et même 47°C à Pinhao au nord (près de Porto).

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