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L’OPEP+ ralentit le rythme d’augmentation de la production

Des camions-citernes font la queue devant des réservoirs de stockage à la raffinerie d'Aramco dans le nord de Djeddah, en Arabie saoudite, le 21 mars 2021.

Les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés (qui forment ensemble l’Opep+) ont décidé, mercredi 3 août, de ralentir le rythme des augmentations de production. Les représentants des treize membres de l’organisation et leurs dix partenaires s’opposent ainsi à l’appel du président américain Joe Biden à ouvrir davantage les verrous pétroliers pour tenter de contenir la hausse des prix.

L’OPEP, emmenée par l’Arabie Saoudite et ses alliés emmenés par Moscou, se sont mis d’accord sur une augmentation de production presque dérisoire pour le mois de septembre : à savoir “100 000 barils par jour”contre environ 432 000 et 648 000 barils supplémentaires pour les mois précédents, a annoncé l’alliance dans un communiqué à l’issue de leur réunion qui s’est tenue à Vienne.

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Les prix ont immédiatement augmenté “de quoi décevoir le président américain”, a répondu à l’Agence France-Presse Tamas Varga, de PVM Oil Associates. Edward Moya d’Oanda a plaisanté? “la plus faible augmentation de l’histoire de l’OPEP+, qui n’aidera pas à surmonter la crise énergétique actuelle”. “L’administration Biden ne sera pas contente”il a estimé, prédit “Un revers dans les relations américano-saoudiennes”. D’autres, comme Stephen Brennock de PVM Oil Associates, l’ont vu “une mesure symbolique d’apaisement” Joe Biden.

Capacités de réserve faibles

Les vingt-trois membres de l’OPEP+ ont dû décider d’une nouvelle stratégie à l’expiration de leur accord actuel. Ils sont revenus aux niveaux de production d’avant la pandémie. Au printemps 2020, le groupe avait choisi de laisser des millions de barils de pétrole sous terre, afin de ne pas inonder le marché de brut qu’il ne pourrait absorber en raison d’une baisse de la demande.

Espérant influencer la décision, Joe Biden s’était rendu pour la première fois en Arabie saoudite en tant que président des États-Unis mi-juillet, et était resté à l’écart de ses commentaires sur un État “outsider” après le meurtre du journaliste dissident Jamal Khashoggi. Son objectif était de convaincre le royaume de pomper davantage pour freiner la hausse des prix du carburant.

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Par sa décision, l’Opep+ montre qu’elle reste unie et épargne la Russie, dont les intérêts sont diamétralement opposés à ceux de Washington. Dans le communiqué, elle insiste : “l’importance de maintenir le consensus indispensable à la cohésion de l’alliance”.

La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron a également assisté à la manœuvre en accueillant le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman. Au bout duune réunion rejetée par les défenseurs des droits de l’hommeles deux dirigeants ont dit qu’ils voulaient “intensifier la coopération” pour « atténuant les effets en Europe, au Moyen-Orient et dans le monde » de la guerre en Ukraine.

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Inquiétudes géopolitiques mises à part, la récente baisse relative des prix du pétrole, dans un contexte de craintes de récession, a peut-être incité l’OPEP+ à jouer la sécurité. Depuis leurs sommets en mars dernier à des niveaux jamais vus depuis la crise financière de 2008, les deux références brutes, le Brent et le WTI, ont perdu plus de 26 %. Le cartel profite également de la situation actuelle. L’Arabie saoudite a affiché une forte croissance au deuxième trimestre 2022, dopée par l’or noir.

A l’exception de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis, les différents membres disposent également de faibles capacités de réserve. L’OPEP+ peine en effet à respecter les quotas affichés, en raison de crises politiques prolongées ou encore du manque d’investissement et d’entretien des infrastructures pendant la pandémie. La production russe, sous le joug des sanctions occidentales liées à l’invasion de l’Ukraine, est également réduite.

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Le monde avec l’AFP

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