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Ouverture d’une clinique AIT pour soigner les signes avant-coureurs d’un AVC probable

pour prévenir crise cardiaque (accidents vasculaires cérébraux) en apportant un diagnostic et un traitement préventif aux personnes qui viennent de subir un AIT (accident ischémique transitoire), telle est la mission de la clinique AIT ouverte ce lundi au CHU de Bordeaux. La gérante, Pauline Renou, est neurologue au sein du service de neurologie et de l’unité neurovasculaire par le docteur Igor Sibon.

Pouvez-vous commencer par expliquer la différence entre un AVC et un AIT ?

Un accident vasculaire cérébral survient lorsqu’une artère du cerveau se bouche et que le patient devient paralysé et a de la difficulté à parler. Lors d’un accident vasculaire cérébral, ces symptômes dureront plusieurs jours, semaines ou années et l’artère restera obstruée. L’AIT est comme un “mini-AVC”, l’artère se désobstrue en quelques minutes et donc le patient présente des symptômes (comme un AVC), mais transitoires et il récupère très rapidement.

Comment ces AIT sont-ils actuellement pris en charge ?

Après avoir sondé les 1 100 médecins généralistes de la région bordelaise, nous savons que chacun a affaire à un à deux AIT par mois, soit environ 30 AIT par jour à Bordeaux Métropole. Dans 60% des cas ils sont pris en charge par le médecin généraliste en collaboration avec un cardiologue, dans 20% ils se présentent aux urgences de Pellegrin et les 20% restants sont répartis dans d’autres structures comme des cliniques.

Les patients ne sont pas forcément conscients que leurs symptômes sont urgents ?

Ils sont rassurés à tort que ce ne sera pas long, alors soit ils ne font rien, soit ils appellent leur médecin tôt ou tard. Lorsqu’il recommande d’urgence, il y a parfois une réticence à s’y rendre, à cause des retards en salle d’attente. Malheureusement, au service de neurologie, nous ne pouvons pas les recevoir immédiatement et en urgence, car nous devons d’abord traiter des AVC pour lesquels nous disposons déjà d’un nombre limité de lits (16 en réanimation).

Le médecin généraliste constate souvent qu’il dirige la situation de l’extérieur avec son patient. Il demandera une IRM cérébrale (délai de deux mois), un bilan cardiologique (délai de trois mois), alors que l’AIT est une urgence, signe avant-coureur d’un probable AVC, qui surviendra dans les heures, jours ou semaines à venir. .

Comment ces patients sont-ils pris en charge ?

Un patient avec un AIT n’a pas à rester à l’hôpital, il doit être vu par un neurologue et faire des tests supplémentaires. Cela peut se faire dans un délai assez court : on estime qu’ils resteront à la clinique entre trois et quatre heures. Nous avons un accès privilégié aux urgences IRM. Une de nos premières patientes en est décédée aujourd’hui, trente minutes après son arrivée dans notre immeuble. Ils rentrent ensuite chez eux avec un traitement, qui fluidifie essentiellement le sang pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux.

Nous savons qu’une personne sur quatre ayant subi un AVC a déjà eu un AIT. Il y en a donc un qu’on aurait pu éviter sur quatre. Et si on prend en charge un AIT (Examen d’Urgence et Traitement Préventif), on prévient un autre AVC dans 80% des cas, ce qui est énorme.

Qui vous réfère ce patient ?

Les patients ne peuvent pas s’appeler eux-mêmes. Ce sont les médecins qui nous appellent ou le 15, ou SOS médecins. Nous avons mené toute une campagne d’information auprès des médecins de France métropolitaine (médecins généralistes, régulateurs Samu, cardiologues) et nous leur avons transmis notre ligne directe. Dès l’ouverture, nous avons déjà eu plusieurs appels téléphoniques.

Nous pouvons accueillir cinq à six patients à la fois et nous pouvons facilement estimer la prise en charge d’une quinzaine de personnes dans la journée. Une infirmière expérimentée du service de neurologie répond aux appels des médecins et accueille les patients. C’est un projet auquel les infirmières du service ont adhéré et qui les a enthousiasmés. Le docteur Pierre Briau, assistant médical, est également associé à la clinique. Le but est d’avoir une petite structure, mais qui permette d’inventorier cet AIT en cas d’urgence.

Comment le patient se présente-t-il à la clinique après avoir été référé par son médecin ?

Le patient devra se présenter à la clinique, de préférence seul s’il peut être accompagné d’un proche. Il ne sait pas conduire, c’est certain. S’il n’y a pas d’escorte, une ambulance sera envoyée.

Les horaires d’ouverture correspondent à ceux d’un hôpital de jour : du lundi au vendredi de 9h à 18h30. Ce sont des pathologies qui se soignent le jour et, bien sûr, les moyens sont aussi plus difficiles à placer la nuit et le week-end.

Les besoins semblent importants et dépassent le périmètre de l’agglomération, la structure pourra-t-elle grandir ?

Aujourd’hui nous sommes limités à Bordeaux Métropole, mais dans un second temps, si la structure fonctionne bien et que nous pouvons l’agrandir en déployant plus de personnel, nous pouvons élargir la zone de recrutement. Nous sommes évalués tous les six mois par le CHU qui soutient cette initiative depuis le début. Cette clinique contribuera à désengorger les urgences en jouant un rôle régulateur : les AIT seront mieux gérés et il sera parfois possible d’éviter le passage de certains patients aux symptômes un peu aberrants.

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