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Pyrénées-Orientales : cherche désespérément un médecin pour un octogénaire impuissant, gravement malade et isolé

Depuis deux mois au chevet de Jacques, 89 ans, l’ancien serrurier de Saint-Laurent-de-la-Salanque, son fils et sa belle-fille sont absents le cœur gros. Le couple est contraint de regagner leur domicile nantais, laissant l’octogénaire seul jusqu’à fin août, date à laquelle les maris viennent le chercher et l’emmènent dans un Ephad près de chez eux. Mais d’ici là, le vieil homme malade n’a plus de médecin à appeler en cas d’urgence. Son médecin de famille a pris sa retraite. Et il n’en trouve pas de nouveaux.

Allongé sur un lit médicalisé installé dans sa maison de Saint-Laurent-de-la-Salanque, Jacques Jamesse-Lejeune fixe son fils Pascal d’un regard ami qu’on devinera un jour bleu acier. La douleur, lancinante, implacable, insupportable, qui le tourmente malgré de puissants antalgiques et antibiotiques, plisse ses yeux fatigués. Et puis, même s’il ne se plaint pas, s’il ne se plaint jamais, Jacques comprend que Pascal et sa femme Anne-Marie devront bientôt partir.

Il sera alors quasiment seul avec son éventail à portée de main. “Nous avons tout prévu. Une infirmière vient tous les jours pour des soins et des médicaments, également une aide ménagère, des repas lui sont apportés et un voisin a promis de lui rendre visite quotidiennement pour s’assurer qu’il va bien.”, résume sa belle-fille. Elle raccrocha toutes les consignes qu’ils devaient observer pendant leurs trois semaines d’absence. Tout sauf le numéro de téléphone du médecin traitant de Jacques à contacter. Ce n’est pas pour rien que l’octogénaire de 89 ans n’en a plus. Il est comme ces patients de plus en plus nombreux dans les Pyrénées-Orientales à regarder leur médecin généraliste mettre le caducée sous la porte. Absence de remplaçant ou de successeur. Ce côté de la Salanque, malheureusement méfiez-vous de ses proches, devient un désert médical. Cependant, l’état de santé de Laurentin nécessiterait vraiment un médecin local.

“L’incarcération l’a beaucoup affaibli, il souffre de malnutrition et en mai dernier il s’est fait opérer d’un hématome sous-dural lié à ses multiples chutes”, explique Pascal. Jacques a été hospitalisé jusqu’au 20 juin et a pu regagner son domicile spécialement équipé par sa famille pour son nouveau handicap. Physiquement réduit, le vieil homme ne se relève presque plus, au risque de tomber, il a perdu l’autonomie qui l’inspirait autrefois. De plus, le 18 juillet, il sombra dans de nouvelles souffrances intolérables. “Il s’est tordu de douleur à cause d’une grosse balle qu’il avait sous le bras gauche”son fils était alarmé.

Face à des souffrances insupportables, une course vaine et insupportable pour les médecins

Le couple a immédiatement appelé SOS Médecins qui… “n’avait pas de rendez-vous disponible. On a aussi essayé les praticiens libres du secteur, personne n’a pu le prendre. Alors on a appelé le 15”. Les conjoints sont référés au centre médical de l’hôpital qui les envoie aux urgences. Grand-père sort la nuit avec “un lipome suspecté” d’évolution subaiguë”, en d’autres termes, une grosse tumeur des tissus mous et deux prescriptions. Le premier pour une échographie dans les sept jours et l’autre pour un rendez-vous en stomatologie dans les deux semaines. “Et c’est reparti pour la course aux médecins. J’ai appelé tous les services de radiologie, le seul rendez-vous possible était le 7 septembre”, Anne-Marie et Pascal Jamesse désespèrent. Qui ne sont pas au bout de leur peine.

En effet, la galère refait surface pour trouver un médecin généraliste pour prescrire à Jacques un fauteuil roulant. Malgré les meilleurs efforts de l’animatrice de la CPAM qui les alerte dès qu’elle a un indice sur un médecin moins congestionné que les autres, et du DAC 66, dispositif d’accompagnement et de coordination médicale qui les suit et les oriente, rien n’y fait. C’est non à non. La solution viendra finalement du pharmacien chez qui le couple amène Jacques pour son rappel du vaccin anti-Covid. “Le voyant dans cet état, elle a couru chez le médecin d’en face et exceptionnellement nous avons eu une consultation.” L’octogénaire est sous morphine et antibiotiques.

Epuisés, découragés, Anne-Marie et Pascal lui proposent “un maison de retraite ici. Il a refusé, préférant une antenne à Nantes près de chez nous où il pourra enfin voir ses deux petits-enfants et ses cinq arrière-petits-enfants., souffle sa belle-fille. Après avoir passé une centaine d’appels téléphoniques à la recherche d’un praticien qui accepte de remplir le dossier médical indispensable à l’admission en EHPAD, “un miracle qui s’est produit le 28 juillet”les époux profiteront de leur retour temporaire à Nantes pour lui trouver une place dans un nid douillet. “Nous partons tous du même bouleversement. Nous espérons que son lipome n’évoluera pas ou ne s’aggravera pas en notre absence”, regrette ses proches qui ont promis de l’appeler matin, midi et soir. C’est déchirant de le laisser seul, sans médecin généraliste à prévenir. Une situation qui a malheureusement tendance à s’étendre à toutes les régions de France.

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