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Spasfon n’est pas un placebo contre les douleurs menstruelles, c’est une alternative

Des années de douleurs abdominales soignées avec un médicament au goût de bonbon : le fameux Spasfon. Tous les mois c’est le même refrain pour les femmes en grande douleur pendant leur période. En pharmacie, Spasfon semble être la solution miracle pour toutes les victimes de ce qu’on appelle la “dysménorrhée”, douleur qui survient lorsque cycles menstruels.

De quoi placer le terme “Spasfon” en tête des tendances Twitter jeudi dernier. Derrière le hashtag, tous les avis sont unanimes : ce médicament – souvent présenté comme le seul remède – serait en réalité inutile. C’est notamment la publication d’un internaute qui a lancé la mutinerie, estimant que la molécule est inefficace contre la dysménorrhée et ne doit pas être utilisée comme antalgique. Le tweet est rapidement relayé. “Je n’ai jamais vu un médicament aussi inefficace. Mettez-le dans la catégorie : bonbons s’il vous plaît”, lance une première. “Les vraies femmes savent que Spasfon ne fera rien pendant vos règles”, ajoute une seconde.

Pire, selon l’internaute “lanceur d’alerte” le Spasfon – au-delà de son inutilité – aurait un effet placebo, n’agissant donc que sur l’aspect psychologique. Qu’est-ce que c’est vraiment ? 20 minutes pensé à la question.

FAUX

Tout d’abord, il faut savoir que Spasfon est considéré comme un antispasmodique. Selon le dictionnaire médical de Vidal, le médicament “combat les contractions anormales et douloureuses de l’intestin, des voies biliaires, des voies urinaires et de l’utérus”. Il peut être utilisé pour les calculs biliaires, les coliques néphrétiques ou les règles douloureuses. Sauf que pour ce dernier cas son utilisation n’est pas certaine.

Selon un rapport de 2008 par la Haute Autorité de Santé (HAS), Spasfon montre une efficacité dans la résolution des douleurs pelviennes après trois jours de traitement. Cependant, on peut également lire dans ce rapport : « Aucune recommandation ne préconise l’utilisation d’antispasmodiques dans les douleurs pelviennes, quelle que soit leur étiologie (dysménorrhée, endométriose, pose de stérilet, etc.). Ces spécialités doivent être considérées comme des traitements complémentaires ». Le rapport recommande également des alternatives thérapeutiques plus spécifiques à ces douleurs, notamment les antalgiques de niveau I. Ceux-ci sont mieux connus sous le nom d’ibuprofènemais nous y reviendrons plus tard.

Peu d’alternatives

Alors pourquoi Spasfon est-il considéré comme le Saint Graal des douleurs menstruelles dans toutes les pharmacies ? Nous sommes allés demander à Bruno Maleine, le réalisateur de ? l’Ordre National des Pharmaciens. “Disponible au pharmacien, donc, sans ordonnance, nous n’avons pas non plus beaucoup d’alternatives à proposer à un patient”, précise le pharmacien. Faute de mieux, Spasfon reste le traitement efficace “pour répondre à une demande en ce moment T pour tenter de soulager le patient”.

Cette classification “faute de mieux” se retrouve ailleurs dans une précédente enquête publié en 2017 par le magazine 60 millions de consommateurs. Elle a montré que parmi les médicaments en vente libre [61 en tout], seule une petite minorité était vraiment efficace. Comme une vingtaine d’autres produits, Spasfon a ensuite été classé « efficacité faible ou non prouvée, mais avec peu ou peu d’effets secondaires ».

Pas d’effet placebo

L’Ordre national des pharmaciens se veut aussi rassurant : même si Spasfon est un antispasmodique, il est tout à fait possible de l’utiliser pour tous les problèmes gynécologiques, “même pour les contractions chez la femme enceinte”. “Le plus important est de savoir que ce n’est pas dangereux pour la santé”, ajoute-t-il. En revanche, le chef des pharmaciens réfute l’idée que le Spasfon aurait un effet placebo. “On ne peut pas le classer comme tel car c’est un antispasmodique qui agit sur les muscles”.

Pourtant, Bruno Maleine assure qu’il a un rôle de premier plan à jouer selon la douleur vécue par les femmes. “Au comptoir de la pharmacie, c’est aussi notre travail d’expliquer à la patiente qu’il existe de nombreuses causes différentes à ces douleurs menstruelles et qu’il faut une prise en charge médicale, qu’il existe des traitements efficaces et ciblés”, a déclaré le président de l’Ordre national. des Pharmaciens. Par exemple, un traitement hormonal ou une pilule progestative peuvent être discutés avec le médecin traitant ou le gynécologue.

“Vous pouvez également utiliser des anti-inflammatoires stéroïdiens, par exemple l’ibuprofène. Mais encore faut-il être prudent, avec toutes les précautions d’usage que cela peut avoir”, prévient notre interlocuteur. Concernant analgésiques niveau II avec la codéine, ils sont désormais vendus sous prescription médicale. “Et là il faut faire attention au risque de dépendance”.

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